Pourquoi les PME sont des cibles
Hameçonnage, rançongiciels, usurpation de la messagerie pour détourner un virement : la plupart des attaques ne visent pas une entreprise en particulier, elles cherchent la porte ouverte. Une PME, avec moins de moyens de défense qu'un grand groupe, en offre souvent une.
La bonne nouvelle, c'est que les mesures qui arrêtent la majorité de ces attaques sont connues, et accessibles à une petite structure. Ce sont celles que recommandent l'ANSSI et le dispositif cybermalveillance.gouv.fr.
1. Savoir ce que l'on protège
Tenez à jour l'inventaire des postes, serveurs, équipements réseau, comptes et logiciels. On ne protège pas ce que l'on ne connaît pas — et un vieil ordinateur oublié dans un coin est une porte idéale.
2. Appliquer les mises à jour
Systèmes, navigateurs, logiciels, équipements réseau : la plupart des attaques exploitent des failles déjà corrigées par l'éditeur. Les mises à jour doivent être appliquées rapidement, et vérifiées — un poste qui ne se met plus à jour doit être repéré.
3. Activer la double authentification
Un mot de passe volé ne suffit plus si un second facteur est demandé (application sur le téléphone, clé de sécurité). À activer en priorité sur la messagerie, les accès à distance et tous les comptes d'administration.
4. Séparer les comptes d'administration
Personne ne devrait naviguer sur Internet ou lire ses mails avec un compte qui a tous les droits. Les droits d'administration sont réservés à des comptes dédiés, utilisés seulement quand c'est nécessaire.
5. Sauvegarder, hors ligne, et tester la restauration
Un rançongiciel chiffre aussi les sauvegardes qu'il peut atteindre. La règle éprouvée : trois copies des données, sur deux supports différents, dont une hors ligne ou hors site. Et une sauvegarde n'existe vraiment que si l'on a déjà réussi à la restaurer.
6. Protéger les postes et les serveurs
Un antivirus de nouvelle génération (EDR) ne se contente pas de reconnaître les virus connus : il repère les comportements suspects et peut isoler une machine compromise.
7. Protéger la messagerie
La messagerie est la première porte d'entrée. Un filtrage des pièces jointes et des liens malveillants arrête une bonne part des tentatives, et les enregistrements SPF, DKIM et DMARC de votre domaine empêchent qu'on envoie des mails en se faisant passer pour vous.
8. Former les équipes
Les collaborateurs sont le premier rempart contre l'hameçonnage. Des sessions courtes et concrètes, voire des campagnes d'hameçonnage simulé, apprennent à repérer un message piégé et, surtout, à le signaler sans crainte.
9. Utiliser un gestionnaire de mots de passe
Un mot de passe différent et robuste pour chaque service, impossible à retenir de tête : un gestionnaire de mots de passe le rend praticable, et évite qu'une fuite sur un site n'ouvre tous les autres.
10. Préparer la réponse à un incident
Qui appeler, quoi couper, comment travailler en mode dégradé : un plan d'une page, connu de tous et rangé hors du système informatique, fait gagner des heures le jour où il sert.
En cas d'attaque : les premiers réflexes
Si vous soupçonnez une attaque — fichiers renommés et illisibles, demande de rançon, activité anormale :
- isolez les machines touchées du réseau (câble débranché, Wi-Fi coupé), sans les éteindre : leur mémoire contient des traces utiles à l'enquête ;
- prévenez votre prestataire informatique, et ne payez pas de rançon ;
- trouvez de l'assistance et des conseils sur cybermalveillance.gouv.fr, et déposez plainte ;
- si des données personnelles ont pu être touchées, la violation doit être notifiée à la CNIL dans les 72 heures, sauf si elle ne présente pas de risque pour les personnes concernées (article 33 du RGPD).